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Devedjian se prend les pieds dans le tapis

Submitted by on 18 mai 2009 – 9 h 50 minNo Comment

Le problème des gens qui sont un peu mythomanes ou qui ont plongé dans le , c’est à dire qui misent sur l’inversion du sens, c’est qu’ils sont rattrapés par la à un moment ou un à un autre. Cette prend souvent la forme d’un mur de béton qui arrête net la voiture emportée par sa vitesse trop importante. Reste aux spectateurs abreuvés de règne du faux depuis des années à comprendre qu’il y a là un “accident” et non pas un feu d’artifice saluant  les mérites de l’accidenté.

La réalité a par exemple rattrapé George Bush après deux bien trop longs mandats.

Combien de temps faudra-t-il aux Français pour ouvrir les yeux ? Mystère. Alors qu’ils sont paraît-il minoritaires à être satisfaits de l’action de Nicolas Sarkozy et de son , les Français s’apprêtent, nous disent les sondeurs, à porter une majorité de députés à la Commission Européenne. Etonnant. Pour ne pas dire inouï.

Mais revenons à notre bon ministre de la Relance. L’intitulé du poste en lui-même est déjà comique. Ca ne s’améliore pas lorsqu’il prend la parole. Heureusement, ce n’est pas tous les jours. Voici ce que nous dit l’homme par qui la sortie de crise est censée arriver : “En ce qui concerne notre plan de relance, nous sommes en avance de quatre mois par rapport aux autres pays en , (dans le Financial Times de ce lundi).

Patrick Devedjian précise que les trois quarts des dépenses prévues seront faites au cours de l’année 2009 et que 10 milliards d’euros ont d’ores et déjà été investis.

Et comment notre ministre sait-il que nous sommes “en avance” ? Parce qu’il a parlé avec ses copains de cour de récréation : “Je sais cela parce que j’en ai parlé avec d’autres ministres européens. Ils m’ont fait part des problèmes qu’ils rencontraient. Ils sont en retard parce qu’ils ne parviennent pas à mobiliser (les fonds) plus rapidement”. Scientifique hein ?

Le sens des mots

Les mots ont un  sens et comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, il convient de le pas le dénaturer. L’effet papillon s’applique aussi aux mots et à leur sens. A trop jouer avec le feu, ceux qui pensent nous diriger se préparent des lendemains qui déchantent. Patrick Devedjian estime que nous sommes “en avance”. Dans l’esprit de ceux qui l’écoutent, l’utilisation de cette expression laisse penser que nous sortirons avant les autres pays européens de la . Or rien n’est moins sûr. De fait, l’économie française est dans un état catastrophique.

Les chiffres de l’Insee sont plus que négatifs. La très profonde récession qui se profile (la plus grave depuis 1945) risque fort de ne pas être endiguée par 26 milliards d’investissements. On a beau marteler que l’on est en avance sur le rythme des dépenses de cet argent, rien ne dit que cela nous fera sortir de la crise. La méthode de Patrick Devedjian est bien entendu malhonnête. Tout comme celle, employée par sa collègue Christine Lagarde, qui consiste à dire que la France s’en tire mieux que ses voisins européens. Pourquoi ? Simplement parce que ces méthodes consistent à laisser accroire que l’évolution de l’économie peut se mesurer à un seul indicateur. Or l’économie est comme une balance à multiples plateaux. Prendre un chiffre et tenter de faire croire qu’il reflète l’état général de l’économie est malhonnête. Cet état général est mouvant et chaque chiffre à venir le fera évoluer. Chaque décision aussi. Or jusqu’ici, n’en déplaise au gouvernement, les décisions prises ont été négatives en termes d’effets. Elles arrivaient généralement en réaction. Ce qui est déjà un signe très négatif.

Patrick Devedjian, tout à son travestissement du sens n’a pas manqué de jouer son Nicolas Sarkozy, c’est à dire à donner des leçons à ses voisins : il a pris l’exemple de la Grande-Bretagne qui a misé sur la consommation plutôt que sur l’investissement dans son plan d’aide économique. “Si vous observez les résultats de la tentative de relance par la consommation au Royaume-Uni – avec une réduction de la TVA – cela n’a pas donné de résultats pour le moment”. “Le conseil que je pourrais donner à Gordon Brown serait: l’investissement. Plus d’investissements.” L’investissement a donné des résultats en France ? La multiplication du nombre de chômeurs, la chute vertigineuse de la production, la récession terrible qui s’annonce, la confiance en berne – pour ne citer que ces indicateurs – ne semblent pas le laisser penser.

Un tel discours à l’adresse de nos partenaires, c”est beau comme du Sarkozy faisant la leçon à Barack Obama ou Angel Merkel. Sauf que Patrick Devedjian désavoue ainsi son patron :

Je vais vous dire une chose : vous, les Britanniques, vous êtes devenus pour nous un modèle, une référence. Et nous devons nous inspirer de ce que vous avez su faire quelle que soit la couleur politique de vos gouvernements, ces vingt ou trente dernières années.”, indiquait Nicolas Sarkozy il y a encore peu de temps, en visite en Grande-Bretagne.

Et voilà comment Patrick Devedjian est entré en collision avec le mur du sens. A dire tout et son contraire et à trop jouer au jeu de l’inversion du sens, on finit par se contredire. Les mots deviennent alors une arme qui frappe celui qui pensait l’utiliser contre les autres. Le pire, c’est qu’il n’y a absolument aucune raison de se réjouir de ce retour à la réalité. Bien au contraire.

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